NOS INSPIRATIONS
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L’équipe Tact est riche de la diversité des profils, des parcours et des sensibilités de chacun de ses membres, mais aussi des grandes valeurs et convictions que nous avons tous en partage. L’intérêt général chevillé au corps, nous sommes conscients que les enjeux climatiques, écologiques et démocratiques nécessitent d’immenses efforts individuels et collectifs.

Notre volonté de permettre à chacun de se forger un avis éclairé sur ces questions se nourrit de nos lectures, des podcasts que nous écoutons en allant au travail le matin, des séries que nous dévorons le soir dans notre canapé ou encore des chaînes Youtube dont nous ne ratons aucune nouvelle vidéo.

Tous les quinze jours, un membre de l’équipe Tact vous présente ici un de ces contenus inspirants.

Bande dessinée – Petit traité d’écologie sauvage

Une histoire de points de vue, ou comment questionner la place de l’homme dans son écosytème

Ancien chercheur en sciences cognitives et en philosophie de l’art, Alessandro Pignocchi a abandonné le monde de la recherche pour se lancer dans la bande dessinée à travers un blog consacré à l’écologie et à l’actualité politique nationale (Puntish). Il a également publié plusieurs volumes de ses planches faites à l’aquarelle.

Dans ses deux premiers ouvrages, issus de son passé de chercheur, L’œuvre d’art et ses intentions (2012) et Pourquoi aime-t-on un film ? Quand les sciences cognitives discutent des goûts et des couleurs (2015), Alessandro Pignocchi s’est interrogé sur les processus de compréhension d’une œuvre d’art. L’auteur y explique que l’appréciation et l’interprétation d’une œuvre sont conditionnées tout à la fois par notre système cognitif, notre expérience, comprise au sens large, ainsi que notre relation à cette dernière. En fonction de ces différents paramètres, l’éclairage et l’interprétation donnés à une œuvre changent d’un spectateur à l’autre.

Cette volonté de permuter les points de vue pour mieux saisir la « composition du monde » d’un individu ou d’une société se retrouve dans Petit traité d’écologie sauvage, premier volume d’une série de trois tomes.

Absurde, anthropologie et jivaros

Le cheminement de l’auteur débute par les travaux de l’anthropologue Philippe Descola. Ce dernier décrit la façon dont nous construisons notre représentation du monde à partir de nos connaissances et de nos facultés mais également en fonction du rapport entretenu avec nos congénaires et avec les non-humains. Vivant lui-même cette expérience auprès des Jivaros, Alessandro Pignocchi retranscrit sa compréhension de certains principes de la culture Achuar dans des scènes de la vie quotidienne et politique.

Le Parlement européen ajourne ainsi ses séances de travail le temps d’un aller-retour en voilier et en pirogue en Amazonie tandis que l’ancien président Donald Trump invite des enfants à s’émerveiller devant les empreintes d’une belette qu’il piste. Derrière ces représentations saugrenues, l’auteur développe une uchronie dans laquelle le monde a adopté la cosmologie des Jivaros Achuar, où la distinction entre nature et culture n’existe pas.

 

En parallèle, l’ancien chercheur fait évoluer un personnage Jivaro, anthropologue à Bois-le-Roi en Seine-et-Marne. Celui-ci cherche à étudier et à sauvegarder les vestiges d’une vision « occidentale » du monde et de son mode de vie où les éléments naturels sont uniquement considérés comme des ressources.

« Proposer des contrepoints et des inversions est un exercice standard d’anthropologie », explique l’auteur. Cette superposition des regards, amplifiée par l’absurde des situations et des discours, est un ressort classique de l’humour, utilisé ici de façon radicale. Forcer le trait quitte à déformer une réalité nécessairement plus nuancée est le moyen trouvé par Alessandro Pignocchi pour faire passer une perception renouvelée de l’humain au sein de son écosystème. Sa démarche invite finalement à tendre vers une conciliation des visions du monde, afin de « composer » avec chacun pour mieux avancer.

Pierre Blias, consultant

Petit traité d’écologie sauvage, tome 1

Mini série – Infographies sur les paysages de l’après-pétrole

Une approche paysagère de la transition énergétique

La mini-série des Paysages de l’après-pétrole est une version illustrée et dynamique de l’approche du collectif éponyme, qui entend rendre au paysage son rôle central dans les politiques d’aménagement du territoire et de transitions énergétique et écologique. Elle comprend trois vidéos en motion design, dont deux portant respectivement sur l’énergie et l’agriculture et leurs liens avec les paysages. Une excellente introduction à une question au cœur des réflexions sur la déclinaison territoriale des transitions.

Les paysages comme révélateurs de nos modes de vie

La mini-série des Paysages de l’après-pétrole met en lumière l’impact du consumérisme et de notre dépendance aux énergies fossiles sur les territoires dans lesquels nous vivons. Elle dénonce la standardisation des paysages et promeut les leviers locaux pour réaliser les transitions, facteurs d’émancipation : production locale d’énergie, agroécologie réconciliant l’agriculture avec son territoire et ses habitants, initiatives locales en matière démocratique… Au-delà du diagnostic accablant, c’est surtout un appel enthousiasmant que lance le collectif à travers toutes ses publications, en nous invitant à réinventer les façons d’habiter les territoires, en cohérence avec leurs singularités.

L’approche paysagère de la transition énergétique met aussi en évidence une dissonance cognitive que l’on rencontre régulièrement sur le terrain : nous ne savons plus d’où vient une énergie presque considérée comme magique. Cela s’illustre dans un paradoxe fréquent, consistant à être favorable à l’éolien, mais pas près de chez soi. Considérer les paysages comme évolutifs, c’est aussi accepter qu’ils changent, qu’ils ne soient pas figés, mais qu’ils soient à la fois l’outil et le miroir de transitions indispensables au bien commun.

Enfin, l’approche paysagère constitue aussi une perspective de renouveau démocratique réjouissante. La territorialisation des transitions passe en effet nécessairement par une mise en récit à laquelle doivent participer toutes les forces vives locales : habitants, élus, agriculteurs, entreprises, associations. Remplacer un récit centralisé et imposé par un système énergivore par un récit ancré dans le territoire et fondé sur les solidarités locales, c’est la promesse de quotidiens vécus plus en phase avec l’ensemble du vivant.

Pauline Ségard, consultante

Mini-série Paysages de l’après-pétrole

Site web – Visual Capitalist

Des images et des graphiques qui valent mille mots

Né en 2011, Visual Capitalist est un web média américain dont la ligne éditoriale repose sur la réalisation de visuels pédagogiques à l’esthétique remarquable. Mettant au cœur de leurs créations la donnée et le chiffre-clé, leurs publications permettent toujours une meilleure prise de conscience des ordres de grandeur qui dimensionnent nos sociétés et le monde qui nous entoure.

La qualité de leurs représentations graphiques rend l’exploration de la plate-forme très aisée, et l’on se surprend bien souvent à consulter un peu plus d’articles que ce que l’on avait initialement prévu… Attention donc au binge-reading !

Un intérêt particulier pour les problématiques environnementales

Bien que fondé à Vancouver, et donc fréquemment centré sur les problématiques du Nouveau Continent, Visual Capitalist traite très régulièrement l’actualité internationale, notamment quand il s’agit des thématiques énergétiques et environnementales.

On en apprendra donc sur des sujets comme le carbone irrécupérable, les émissions de gaz à effet de serre par secteur d’activité, ou encore l’évolution du coût des énergies renouvelables : autant d’enjeux qu’il devient essentiel de bien comprendre tant ils conditionnent l’avenir de l’humanité.

Une petite mise en garde toutefois : comme c’est le cas avec un certain nombre de médias en ligne, une partie du contenu publié sur la plate-forme est sponsorisé. Les articles concernés sont toujours marqués d’une étiquette « sponsored » : il convient donc de les consulter avec discernement.

Hugues Chanteloup, consultant

Visual Capitalist

Récit – Bergère des collines

Un témoignage éclairant sur le monde agricole
et la relation à la nature

Bergère des collines est le récit d’une aventure de vie. Florence Robert était calligraphe dans le Gers. Après s’être inscrite à une formation agricole, elle est devenue bergère dans les garrigues du sud de la France. Elle nous raconte avec passion la découverte d’un métier à part qu’elle a choisi pour « rouvrir les garrigues embroussaillées au profit de la biodiversité, des orchidées, de l’aigle royal ».

Au fil des pages, elle nous fait partager ses longues méditations sur la nature et les paysages pendant le gardiennage des brebis l’hiver, dans le vent froid, ou dans la fraîcheur des nuits d’été. Nous l’accompagnons au cœur de sa bergerie où elle fait naître ses agneaux. Elle nous associe à ses interrogations d’éleveuse.

Dix ans plus tard, la bergère débutante est devenue une agricultrice chevronnée. Nous revisitons avec elle, l’espace d’un printemps, les étapes décisives de toutes ces années : les premières estives, les transhumances à pied, la mort de son chien… Elle aborde, avec objectivité et sensibilité, les problèmes auxquels les éleveurs sont confrontés : de la présence des grands prédateurs au choix de consommer de la viande.

Un dessin en creux de la transformation des campagnes françaises

En plus de nous faire découvrir la rudesse du métier de berger et l’étroite connexion qui existe entre les bergers et le monde vivant, ce livre nous ouvre vers d’autres vies, d’autres perceptions. Il nous parle d’un choix de vie, du cheminement d’une femme, et de l’attachement profond que l’on peut ressentir pour un territoire.

Mais derrière le rêve d’exode, particulièrement nourri en ces temps de crise sanitaire et de questionnements existentiels, Florence Robert a aussi découvert un métier impitoyable, dans lequel elle a engagé tout son temps, son argent et son énergie.

Entre quête de sens et militantisme écologique, ce « retour à la terre » est-il un doux rêve ou la garantie d’un avenir plus durable et plus humain, au plus proche du vivant ? La carte des campagnes française est-elle vraiment en train de se redessiner ? Comment se vivent ces transformations sur le terrain, tant du point de vue des communes d’accueil que de ceux que l’on appelle communément les « néo-ruraux » ? Au cœur des territoires, au plus près du terrain, au fil des rencontres et des projets accompagnés par l’Agence Tact, j’observe, j’écoute, et je m’attache à comprendre et à analyser ces évolutions en cours. C’est passionnant !

Juliette Munier, consultante

Bergère des collines, Florence Robert, éditions Corti.

Série – Show me a hero

Une plongée fascinante dans les mécanismes
de l’engagement politique

Inspirée de fait réels, et adaptée du livre éponyme de Lisa Belkin, la mini-série Show me a hero (*) retrace le parcours d’un jeune politicien ambitieux à la fin des années 1980 dans l’État de New York. Fraichement élu maire de la ville de Yonkers, Nick Wasicsko se retrouve, bien malgré lui dans un premier temps, à défendre un projet de création et de résidentialisation de logements sociaux, dans un objectif de déségrégation. Problème : le maire se heurte rapidement à une très vive opposition de riverains et d’une partie du « city council »… jusqu’à plonger la ville dans une crise aigüe.

ÉLUS, OPPOSANTS, HABITANTS… DES TRAJECTOIRES VARIÉES FAÇONNÉES PAR LE CONFLIT 

Comme toujours, David Simon nous propose ici une série chorale, qui multiplie les points de vue au-delà de celui de la figure centrale du jeune édile. En huit épisodes, c’est ainsi l’évolution de l’ensemble des acteurs impliqués qui nous est donnée à voir : celle de ses alliés et opposants au sein du conseil municipal, mais également – et surtout – celle des destinataires de cette politique du logement. On suit ainsi le quotidien de plusieurs habitants d’un grand ensemble ghettoïsé susceptibles d’être relogés dans ce programme, ainsi que celui d’une habitante du quartier résidentiel amené à accueillir les nouvelles maisons HLM.

Tous sont montrés dans leur complexité, avec leurs espoirs, leurs élans de courage et leurs capacités d’empathie, mais aussi leurs moments d’indifférence coupable ou de compromission avec les valeurs qu’ils professent publiquement. Si le récit cherche à s’extraire de tout manichéisme, le réalisateur n’en choisit pas moins clairement son camp quant à savoir où se situe l’intérêt général dans ce dossier.

Malgré son sujet à première vue aride – la politique du logement social aux États-Unis -, Show me a hero a tout pour tenir le spectateur en haleine, sans tomber dans le traité d’urbanisme hermétique ou la réflexion lénifiante sur la mixité sociale. En nous parlant de la façon dont la politique s’incarne très concrètement dans la vie de tous ces personnages, y compris au travers du conflit, elle nous parle aussi de nous.

Qu’est ce qui fait la nature même de nos positionnements et de nos engagements ? Comment ceux-ci sont travaillés par nos valeurs mais aussi par nos peurs intimes, nos ambitions personnelles, et au-delà des discours, par la simple rencontre avec l’autre ? Peut-on changer d’avis sans se trahir ? À quels moments passe-t-on d’objet des politiques publiques à sujet politique ? Autant de questionnements qui m’ont particulièrement inspirée au moment de rejoindre l’Agence Tact, alors que j’aspirais à travailler au plus près du terrain, là où se concrétisent les politiques publiques et là où se joue la mise en œuvre de l’intérêt général.

* Le titre Show me a hero est une référence à une magnifique citation Francis Scott Fitzgerald : « Montrez-moi un héros, je vous écrirai une tragédie ».

Audrey Benassi, consultante

Show me a hero, disponible sur la plateforme OCS ainsi qu’en VOD sur la plateforme Canal +.

Jeu – Énergie 2049

Comprendre de manière ludique les enjeux territoriaux du développement d’un projet éolien

Énergie 2049 : c’est le nom d’un jeu créé par la Commission nationale du Débat Public (CNDP) dans le cadre de la concertation sur l’éolien en mer en Nouvelle-Aquitaine.

Le pitch ? Afin d’atteindre l’objectif de neutralité carbone, François Sarkon, président de la France en 2049, annonce un plan de développement « 100% inédit » : l’installation d’éoliennes en mer. Vous vous retrouvez alors dans la peau de la maire de la Tranque-sur-Mer, à proximité de l’île d’Olérez. Votre tâche est simple : accompagner au mieux le développement du plan de transition écologique sur votre commune.

Confronté aux différentes requêtes des habitants et acteurs de la vie de la commune, mais aussi à la réalité des enjeux environnementaux et énergétiques, vous devez en permanence arbitrer entre plusieurs scénarios. Favoriserez-vous la protection maximale de la biodiversité, en évitant les zones protégées ? Le maintien de l’activité des pêcheurs, potentiellement mise à mal par l’implantation des éoliennes ? L’acceptation du projet par l’ensemble des citoyens, notamment remontés contre l’impact paysager des futures éoliennes ? Ou encore l’équilibre financier de l’opération ?

Autant de décisions qui affecteront tout au long du jeu les quatre jauges représentant la nature, l’énergie, l’argent, et l’acceptation locale. Gare à ne pas épuiser une de ces ressources, ou la pérennité du projet se retrouverait menacée…

UNE SENSIBILISATION EFFICACE AUX ENJEUX D’ACCEPTABILITÉ LOCALE DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Énergie 2049 a une première vertu : apporter des éléments de réflexion et des informations sur les contraintes associées au développement d’un projet éolien offshore. Les enjeux et débats qui animent un territoire lors de l’installation d’une infrastructure de transition énergétique y sont bien représentés.

C’est en cela un outil à la fois ludique et pédagogique. Il permet de comprendre la position des élus comme celles des représentants de la société civile, qui sont autant de parties prenantes d’un projet de territoire (associations environnementales, acteurs économiques, habitants, touristes…). C’est aussi un bon moyen d’initier le grand public à la nécessité de la transition énergétique.

En outre, chaque joueur peut décider de « donner son opinion » : les choix opérés au cours du jeu sont alors collectés de manière anonyme pour nourrir la concertation. Pour ma part, après plusieurs parties, une conclusion s’impose : j’ai toujours tendance à exploser le budget…

Elsa Cayeux, consultante

Énergie 2049, jeu développé par WEKER et porté par le débat public des éoliennes en mer Nouvelle-Aquitaine.

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